lundi 16 avril 2018

Projet "Maisons ancestrales"

Depuis que j'ai commencé ma généalogie, il y a maintenant une trentaine d'années, j'ai collecté des informations et documents sur mes ancêtres et sur leurs lieux de vie.

Ces lieux de vie, majoritairement des villages de plus ou moins grandes importances, sont très importants pour moi, tout comme peuvent l'être les liens familiaux.

A ce jour, après toutes ces années avec mes ancêtres, j'ai envie d'écrire l'historique des maisons de ces derniers, ces maisons que je nomme maisons ancestrales. Cet historique, n'est pas l'histoire des maisons ancestrales mais l'histoire de mes ancêtres avec leurs maisons. 

J'ai établi une liste des maisons ancestrales du 19ème et début 20ème siècle, cette liste contient une cinquantaine de maisons dont mes ancêtres étaient propriétaires sur 18 communes en Vendée et Deux-Sèvres. Pour les locations, j'en ferais aussi des historiques dans un second temps.

Photo personnelle, "la Villa Marguerite"

Ces maisons ancestrales sont diverses : 

  • masure :
    • du latin populaire ma(n)sūra « demeure », avec au 19ème siècle une notion de pauvreté.
  • chaumière :
    • Petite maison couverte d’un toit de chaume.
    • habitation familiale ou vieille bâtisse rurale.
  • cabane :
    • ferme typique du marais poitevin, le cultivateur qui l’exploite et y vit s’appelle un cabanier.
  • hutte : 
    • ferme typique du marais poitevin, le cultivateur qui l’exploite et y vit s’appelle un huttier.
  • bourrine :
    • hutte couverte de bourrées d’herbes aquatiques, habitation typique du marais breton.
  • métairie :
    • petite ferme, c’est-à-dire à un domaine de moyenne étendue, dont le fermier paie à son propriétaire une redevance annuelle déterminée, en argent ou en récoltes.
  • borderie :
    • petite métairie, avec une notion de surface labourable inférieure.
  • moulin,
  • ...


Pour chacune d'entre elles, je vais essayer d'écrire, avec le plus grand nombre possible de sources, la vie commune des maisons ancestrales et de leurs habitants.

J'ai retenu de nombreux items pour cette écriture : 


  • la dénomination :
    • le nom donné à la maison ou le secteur où elle se situe.
  • Lieu-dit :
    • le nom et l'histoire à minima de ce lieu-dit.
  • Adresse actuelle :
    • si la maison ancestrale existe encore, je cite l'adresse actuelle,
    • si elle n'existe plus, j'essaie de la resituer avec son environnement (maisons actuelles et leurs adresses).
  • Parcelle cadastrale :
    •  je situe chaque maison avec le numéro de la parcelle cadastrale historique, c'est à dire lors de la création dudit cadastre dans la première moitié du 19ème siècle.
  • Origine :  
    • date d’achat :
      • maison ou parcelle, 
    • date de la construction, si elle est bâtie par un ancêtre, 
    • première mention si plus ancien.
  • Description : 
    • retrouvée par le biais de diverses sources :
      • déclaration de succession, 
      • actes notariés : achat, vente, donation-partage.
    • descriptif intérieur et mobiliers par le biais d'inventaire après décès.
  • Transactions durant la propriété : 
    • transfert par donation-partage, héritage, 
    • modifications …
  • Devenir : après le décès du dernier ancêtre y vivant : 
    • donation à un collatéral avec la mention de la transmission familiale dans le temps, 
    • vente, 
    • destruction …

A tous ces items, j'ajouterais en annexe divers éléments : 

événements d'Etat civil : naissances et décès, 
arbre généalogique,
lexique de termes pour les inventaires après décès.

Enfin, j'illustrerais le plus possible avec : 

  • Cadastre napoléonien, 
  • Photo aérienne ancienne, 
  • Photo aérienne actuelle, 
  • Photo actuelles des maisons ancestrales.

Pour en terminer avec l'explication de ce projet d'écriture d'historiques, voici un schéma que j'ai établi pour synthétiser les éléments inclus dans un de ces historiques, celui de la maison ancestrale dite "la Meugne" sur la commune de Benet en Vendée :



lundi 19 mars 2018

22 mars 1692 : une date et deux baptêmes


Nous sommes en 1692, plus exactement le 22 mars dans la province du Bas Poitou, au cœur du marais poitevin.



Ce jour-là, Daniel RAVARD (1655+1709), fait baptiser son fils René, en l’église de sa paroisse, Coulon (aujourd’hui en Deux-Sèvres). René est le 4ème enfant né de l’union de Daniel avec Marguerite TRUAUD (ca 1659+1726), union célébrée en l’année 1685. 
Daniel et Marguerite sont mes ancêtres 1948 et 1949 à la 11ème génération.



Dans la paroisse voisine de Benet (aujourd’hui en Vendée), ce même jour est baptisée Marie fille illégitime de Jeanne METAYER (1668+1723) et de … Daniel RAVARD de la paroisse de Coulon !



Fait rare je pense qu’un père baptise 2 enfants le même jour nés de 2 mères différentes !!

Je pense qu’il n’assiste pas au second baptême mais que la mère de l’enfant a déclaré qui était le père de son enfant. Cette dernière étant vraisemblablement une ancienne servante de Daniel.

Malgré cette incartade conjugale, Daniel fut pourtant un notable reconnu dans sa paroisse de Coulon puisqu’il en est le syndic à son décès en 1709 !
  • En France sous l'Ancien Régime, le syndic est un notable chargé de représenter, d'administrer et de défendre les intérêts d'une paroisse ou d'une communauté rurale. Dans le cas d'une paroisse, il est généralement élu par une assemblée de communiers, constitués de chefs de famille de la paroisse.

A-t-il prit part à la vie de la petite Marie ? Je n’en ai aucune preuve, mais toujours est-il que Marie portera sa vie durant le patronyme RAVARD. Cette dernière se marie à Benet en 1716 après le décès de son père. Elle est assistée entre autres par son parrain lors de son mariage.



Voilà en quelques mots cette histoire assez originale par la coïncidence des dates entre la naissance d’un enfant légitime et celle d’un enfant illégitime.

mardi 27 février 2018

le 28 février 1868 : Qui sont mes ancêtres ?

Comme le suggère la généalogiste Sophie BOUDAREL dans l'un des thèmes du Généathème de février, je vous propose de remonter le temps et de nous arrêter il y a 150 ans : 


A cette date :
Qui étaient mes ancêtres ? Combien d'entre eux ont vécu ce jour là ? Où ? Comment ?
Je vais donc vous présenter mes ancêtres, du plus jeune au plus âgé, dans leur foyer, leur contexte de vie, un peu comme je l'avais fait dans mon billet sur le recensement de l'année 1911 que je vous invite à lire ou à relire.

Avant de nommer ces ancêtres du 28 février 1868, voici quelques données géographiques, quantitatives et statistiques.


En 1868, mes ancêtres vivent sur deux départements : la Vendée et les Deux-Sèvres, l'ancienne province du Bas-Poitou avant la création des départements.

Voici maintenant les données statistiques :




aperçu visuel de mon ascendance de la 4e à la 8ème génération,
encadrés en rouge les ascendants vivants le 28 février 1868

Après ces quelques graphiques, je vous emmène donc chez mes ancêtres.  Par commune, puis par foyer (les ancêtres directs sont en gras), tel que l'on aurait pu les rencontrer ce 28 février 1868 :

Branche paternelle - département de la Vendée :

NOTRE DAME DE RIEZ

Port-Neuf :

. DUPOND Alexandre 26 ans journalier, BURGAUD Marie-Rose sa femme 24 ans
  • Marie-Rose est enceinte de plus de six mois et accouchera le 17 avril suivant, son premier enfant est décédé à quelques mois en 1866. Le couple est locataire dans le village qui se situe près du marais de Notre Dame de Riez.

Les Garateries :

. MILCENT Marie 49 ans journalière, MILCENDEAU Jean son mari (en secondes noces) 58 ans.
  • Marie vit alors chez son second mari, qu'elle a épousé en juin 1862. Elle est la mère de DUPOND Alexandre ci dessus. Ses filles les plus jeunes, Aimée 17 ans et Marie-Rose 13 ans sont placées comme servante.

Le Creux Jaune :

. BIRON Jean-Louis 41 ans journalier, MASSONNEAU Marie sa femme 34 ans, Hortense 10 ans, Eglantine 8 ans, Angèle 3 ans, ses filles.
  • Marie est enceinte de quelques semaines puisqu'elle accouchera en septembre suivant. La fille aînée du couple, Marie âgée de près de 13 ans, est déjà placée comme domestique depuis ses 10 ans.Le couple vit dans la bourrine de la famille MASSONNEAU construite il y a environ 15 ans juste après le mariage de Jean-Louis et Marie. Depuis les parents MASSONNEAU sont décédés et Marie fut leur seule héritière étant fille unique.

COMMEQUIERS

La Tonnelle :

. PATEAU Louise veuve RAFFIN 71 ans journalière, Esther 46 ans couturière sa fille.
. RAFFIN Joseph 30 ans journalier-maçon, GUERINEAU Marie sa femme 29 ans, 
Marie 4 ans, Joséphine 2 ans, Joseph 1 an, ses enfants.
  • La Tonnelle est la maison familiale depuis plusieurs générations, et elle le restera encore pour un siècle.

CHALLANS

Les Chênes, métairie du Caillou Blanc :

. PONTOIZEAU Louis 58 ans cultivateur-colon, JOLLY Marie sa femme (en troisièmes noces) 56 ans, Baptiste 36 ans son fils, MARTINEAU Rose 36 ans sa bru, Louis 10 ans, Augustin 7 ans, Marie 5 ans, Jean 2 ans, ses petits enfants, Henriette 25 ans sa fille, PEROCHEAU Jean 25 ans son gendre et beau fils, Marie 2 ans 1/2 sa petite fille.
  • La famille PONTOIZEAU vit en communauté suivant une société agricole créée devant notaire le 1er janvier 1864 après la 3ème union du patriarche et exploite les terres de la métairie du Caillou Blanc. Avant la création de cette société, la famille exploitait déjà la métairie depuis 1858. Rose est quant à elle enceinte de plus de 7 mois de son 5ème enfant puisqu'elle accouchera le 5 avril suivant.

ST MAIXENT SUR VIE

Le Rochat :

. BURGAUD Pierre 69 ans journalier, DELAVAUD Rose sa femme 46 ans.
  • Le couple vit en location dans une grande métairie, peu de temps avant et quelques mois plus tard, ils vivaient et vivront toujours en location dans la ferme voisine du Greffier où Pierre va mourir en 1873.


Branche maternelle - département de la Vendée :

BENET

Nessier :

. POUVREAU François 57 ans journalier, François 27 ans tisserand son fils.
  • Père et fils vivent dans la maison familiale dont le père est usufruitier depuis son veuvage en 1863. En effet, la maison est un héritage de sa défunte épouse HILLAIRET Françoise.

Le Pré Paradis :
(maison)

. GIRARDEAU Jacques 43 ans cultivateur, Françoise 16 ans, Marie 12 ans, Alphonse 10 ans, Alexandre 4 ans, ses enfants.
  • Jacques vit avec ses enfants dans la maison de sa défunte femme, REGNIER Louise, décédée depuis 1863. Jacques est usufruitier de ladite maison de part la minorité de ses enfants.

Gorge Bataille :

. GIRARDEAU René 72 ans cultivateur, VEILLET Jeanne sa femme 71 ans.
  • Le couple vit depuis leur mariage en 1821 dans le village natal de Jeanne, plus précisément à la Loge, sa maison natale. Quelques années plus tard, ils iront finir leurs jours chez leur fille dans le village voisin d'Aziré, qui est aussi le village natal de René !

ST SIGISMOND

Le Bourg :

. MARTIN Alexandre 26 ans journalier, JOURNOLLEAU Marie sa femme 28 ans,
Alexandre 3 ans son fils.
  • La famille vit en location dans une maison du bourg. Peut-être ont-ils déjà en tête l'idée de l'achat d'un terrain près de l'Autise pour y construire leur maison, chose faite en 1870 !

DAMVIX

Les Cabanes :

. BOUCHET Henri 28 ans cultivateur, CAQUINEAU Alexandrine sa femme 23 ans.
. BOUCHET Louis 72 ans cultivateur, METAYER Louise sa femme 61 ans.
  • Les 2 générations vivent dans une maison sur le bord de la Sèvre, construite en 1855. La maison appartient en propre à Louise, 10 ans plus tard, elle la donnera à son fils Henri. Alexandrine est enceinte d'environ 7 mois de son deuxième enfant, sa première fille n'a vécu que quelques heures en août 1866.

LIEZ

Le Bourg - Rue Basse :

. GAUTRON Jeanne veuve MITTARD 72 ans journalière.
  • Jeanne vit dans sa maison d'une rente viagère qu'elle reçoit de ses enfants suite à la donation de tous ses biens en 1865. 
Le Courtiou :

. CADET Louise veuve LARIGNON 66 ans propriétaire, Henri 39 ans, Jacques 23 ans marchands de chevaux, ses fils.
. LARIGNON Pierre 35 ans marchand de chevaux, Marie Madeleine sa femme 32 ans,
Marie 10 ans, Henri 9 ans, Auguste 7 ans, Eléonore 5 ans,  Alexandrine 1 an, ses enfants.
  • La famille LARIGNON vit de l'élevage et du commerce de chevaux depuis plusieurs générations, au fil des générations cette activité s'est étendue sur plusieurs communes. Ils vivent dans une maison que Louise a hérité de son père, CADET Pierre en 1865.

ST PIERRE LE VIEUX

La Porte de l'Ile :

. MACAUD Jeanne 59 ans journalière, GRELIER Pierre son mari (en secondes noces) 65 ans tisserand.
  • Marié depuis mai 1865, le couple vit dans la maison qu'ils ont acquis depuis peu et qu'ils vendront en 1889 avant d'aller vivre chez la fille de Pierre sur la commune de Damvix, et d'y mourir quelques mois plus tard.

STE CHRISTINE

La Garenne :

. GUILLOT Françoise veuve JOURNOLLEAU 55 ans journalière, 
Pierre 21 ans, Clémentine 15 ans, ses enfants.
  • La famille vit dans la maison familiale construite il y a plus de 20 ans par le grand père JOURNOLLEAU, dans le nouveau village de la Garenne sur des parcelles autrefois nommées le fief du bois du Breuil. Françoise en est usufruitière. Pierre, suite à la nouvelle loi sur le service militaire, la loi Neil, signée le 1er février, va partir pour une période de 5 ans, il participera à la campagne contre la Prusse du 16 septembre 1870 au 7 mars 1871. Dès le mariage de Pierre en 1873, Françoise quittera la maison, redevient domestique et se remarie avec son patron ! 

MERVENT

La Jamonière :

. BOUTIN Joseph 63 ans propriétaire, Baptiste 30 ans carrier son fils, BICHAUD Rosalie 26 ans sa bru, Eugénie 1 an ½  sa petite fille, BOUTIN Henri son domestique (son neveu).
  • La famille BOUTIN vit dans la maison familiale dont Joseph est usufruitier comme veuf de ALLARD Marie, héritière de ladite maison. Joseph est membre du conseil municipal depuis 1840 !
. ROYER Jean 35 ans propriétaire, BOUTIN Henriette sa femme 29 ans, 
Léontine 2 ans sa fille.
  • Henriette est enceinte de quelques semaines puisqu'elle donnera naissance à une petite fille en août. Le jeune couple vit dans la maison que Jean vient de faire bâtir sur un terrain reçu lors du partage des biens de sa mère en avril 1863.

La Maisonnette :
(borderie)

. ROYER Louis 65 ans cultivateur, DESPRE Marie sa femme (en secondes noces) 59 ans, 
Antoine 26 ans, Louis 22 ans, Rosalie 19 ans, ses enfants.
  • Les deux fils vont se marier dans l'année, en août et novembre. La Maisonnette est une borderie que la famille loue et exploite depuis une petite vingtaine d'années, ils la quitteront vers 1870 après le mariage de Rosalie, sans doute trop grande pour un couple âgée. Louis est membre du conseil municipal depuis août 1852.
La Chopinière :

. ROYER Antoine 86 ans propriétaire, GUILLOTEAU Marie sa femme (en troisièmes noces) 71 ans.
  • Le couple vit dans la maison qui est une copropriété du père et de son fils unique Louis. Le couple y vit depuis une quinzaine d'années. Antoine est le doyen de mes ancêtres cette année là, il sera aussi le doyen de mes ancêtres masculins.

SIMON LA VINEUSE

La Vineuse :

. MAJOU Pierre 44 ans ouvrier-maçon, GARNIER Rose sa femme 44 ans, 
Ernestine 12 ans, Henri 7 ans, Louis 4 ans, ses enfants.
  • La famille MAJOU vit dans la maison que Rose a hérité de ses parents, qu'ils avaient acquis en 1843 et voisine de sa maison natale. Malheureusement l'année suivante, le décès de cette dernière va changer la vie de la famille...

LA REORTHE

La Forêt :

. HILLEAU Marie veuve MAJOU 66 ans rentière.
  • Marie vit d'une rente viagère que ses enfants lui versent suite au partage de ses biens en 1861. Elle a gardé l'usufruit de sa maison qu'elle avait hérité de ses parents.

Branche maternelle - département des Deux-Sèvres :

NIORT

Rue St Maixent :

. MARTIN Abraham 59 ans journalier.
  • Abraham, resté veuf après le décès de son épouse en 1847, et après avoir été métayer, il est devenu journalier et vit en location dans le centre de Niort, dans une petite rue donnant sur la place de la Brêche et proche de l'église St Hilaire.

ST LIGUAIRE

La Tiffardière - Maison de l'éclusier :

. CAQUINEAU Jean 58 ans éclusier, MITTARD Véronique sa femme 46 ans.
Françoise 12 ans, Auguste 9 ans, ses enfants.
  • La famille CAQUINEAU est installée depuis quelques semaines dans la maison de l'éclusier suite à la prise du poste par Jean. Le couple y restera quelques années avant d'avoir le poste d'éclusier à Damvix, là où la famille vivait auparavant. Jean durant son existence aura changé de nombreuses fois de métier, forgeron au début de sa carrière, après un service militaire de plusieurs années, puis scieur de long, il deviendra garde pêche avant d'être éclusier ...

Nous étions le 28 février 1868, une incursion dans les 26 foyers ancestraux a permis de figer à cette date les situations de vie de mes ancêtres. De la plus jeune, Eglantine ROYER âgée de 2 ans depuis novembre à son arrière grand père, Antoine qui aura 87 ans en avril ...


Et vous, il y a 150 ans, quid de vos ancêtres ?


lundi 19 février 2018

La très (trop) jeune mariée

En ce mois de février, un des généathèmes proposés par Sophie BOUDAREL est de partager les diverses curiosités de nos arbres.

Aujourd'hui, je vais donc vous faire part d'une curiosité en la personne de Marie Madeleine CHAILLOU, la fille de mes ancêtres Antoine (ca 1677+1749) et Marie PILLET (1691+1739), sosas 534-535 et 1038-1039.

jeune fille vendéenne

Tout se passe lors du mariage de Marie avec François MARAIS, le 7 juin 1728 sur la paroisse de Soullans, située dans le Bas-Poitou, aujourd'hui sur le département de la Vendée :



Comme vous pouvez le voir dans le corps de l'acte, rien d'anormal mais une mention marginale nous interpelle : 


"nul (le mariage) la proparlée nayant pas lâge compétans"

Marie n'avait donc pas atteint l'âge nubile, ce que le prêtre appelle simplement l'âge compétent, qui est l'âge exigé par la loi pour qu'un individu puisse contracter mariage (en âge de procréer). Sous l'ancien régime, cet âge était de 12 ans pour les filles et de 14 pour les garçons.

En effet, Marie est née le 8 novembre 1716 sur la paroisse voisine, Challans, et n'a donc lors de cette bénédiction nuptiale que 11 ans et 7 mois (moins 1 jour) !!


Comment se fait-il que le prieur qui célèbre cette union n'a pas vérifié cet état de fait ?
Toujours est-il que le mariage est donc annulé ... mais réhabilité le 25 février suivant lorsque Marie a atteint l'âge nubile de 12 ans et 3 mois ...

Les mariages précoces sont très courant dans la famille :


Dans cette vue partielle de la famille proche de Marie vous pouvez voir que :
  • sa mère s'est unie à 13 ans et demi
  • sa tante maternelle s'est mariée à un mois de ses 14 ans
  • et que sa soeur cadette Anne va se marier vers ses 14 ans (avec le cousin germain de son mari par ailleurs !)

Marie est-elle restée avec chez son époux pendant la période entre l'annulation et la réhabilitation du mariage ou est-elle revenue chez ses parents ? J'ai mon idée ...

Une fois le mariage devenu valide, le couple n'aura son premier enfant que le 16 janvier 1735, une petite Jeanne à Soullans (décédée le 14 août 1742 à Challans), Marie a alors 18 ans.

En janvier 1737, c'est une petite Marie qui voit le jour mais qui meurt le 9 février suivant.

Par la suite, Marie donne la vie plusieurs fois sur la paroisse de Challans :
Marie Magdelaine née le 6 mai 1738
Ursulle Victoire née le 10 septembre 1740
François né le 25 décembre 1743
Claude Louis né le 5 février 1746
Françoise née le 12 mars 1748
Etienne né le 3 mars 1752
Louise née le 28 février 1755
Pierre né le 11 juillet 1756

Voilà donc la curiosité du mariage très, trop précoce de ma collatérale Marie CHAILLOU.


mercredi 14 février 2018

Une idylle dans les années 1920

Nous sommes en fin d’année 1923, Florina DUPOND, jeune vendéenne de 20 ans, accompagnée de sa mère, Eulalie 49 ans, viennent passer les fêtes de Noël avec leur sœur et fille Emilie, 25 ans, et leur beau-frère et gendre Louis CHARRON, 29 ans, tous les deux employés dans une ferme en Charente sur la commune de Criteuil, à plus de 200 kilomètres de leur "pays" natal.

Florina au début des années 1920

Emilie et Louis lors de leur mariage en 1921

Vue générale de Criteuil au début du 20ème siècle

Le couple marié en septembre 1921 en Vendée, a migré, dès le mariage célébré, vers la Charente pour trouver du travail comme beaucoup de familles vendéennes de cette époque. En effet, suite à la crise du phylloxéra (maladie de la vigne), qui débuta à la fin du siècle précédent, de nombreuses terres viticoles sont devenues des terres de culture et la main d’œuvre manque …

Mais revenons-en à Florina … la jeune fille, lors de ce séjour, rencontre un jeune homme de son âge, Henri. Ce dernier vit sur ladite commune et il est sans doute un collègue ou un voisin du jeune couple CHARRON.

Noël est passé, Florina et sa mère rentrent par le train chez elles, rejoindre le père DUPOND resté au "pays" à la Croix Blanche de Notre Dame de Riez. Dès son arrivée, Florina envoie une carte à Henri. Ce dernier lui fait réponse le 7 janvier :

 

"Criteuil le 7 - 1 - 1924
Cher Mademoiselle
je fait réponse à votre cart que jai reçu il y a quelque temps. elle ma fait grand plésir me disen que vous aviai fai un bon voyage. Je serai quonten daller vous voir dans ce beau j pay de vendé je termine ma cart. je vou t ne vois plus grand chose à vous dire recevez mille baiser de celui qui ne vous oblie pas Henri'

Deux jours plus tard, Florina et ses parents reçoivent une carte d’Emilie. Dans cette dernière, Emilie fait allusion au voyage retour de Florina et de leur mère mais aussi et surtout à Henri !


"Criteuil le 9 janvier 1924
chère soeur et parents
je fait repons à votre lettre qui nous a fait plaisir de savoir que votre voyage été bon insi que papa en bonne santé et nous s'autre nous avon arivé chez à 11 heur et demie. Nous avon soupé à Touzac et le jour de premier de l'ans nous avon soupé chez notre ancine patron et nous lui avon vendu la barique de vin 120 f. le prix couran mais de cemoment sa tombe toujours de leau mes lendemand de notre de part sa fait bau temp. Enfin je vous quitte pour dignine (dîner ?) que l'année de 1924 soin une année de bonheur et de chance pour vous et tous la famille. Bonjour bonne santé vos enfants qui vous embrasse de loin Charron Emilie. Chère Florina tu doit avoir reçu des correspondances de Criteuil despuis ton de part."

sur le recto de la carte 
"Souvenire de en Henrie de l'année 1924"

Les semaines et les mois passent … 

Le 18 mai, Henri écrit une carte à Florina depuis Châteauroux dans l’Indre où il vient d’arriver pour faire son service militaire au sein du 90ème Régiment d’Infanterie :


"Chatauroux le 18-5-1924
Ma Cher petite bien émée
Je prend un insten pour vous faire une petite carte et pour vous dire que je sui rentré au régiment voila 6 jours. le métier commensse à rentré mai il et un peu dure mai cest egal il faut le faire. Je marrette en vous envoyen mille baisers votre petit coeur qui ne vous oubli pa.
Chabanne Henri au 90 régiment infenterie 5ème compagnie Chateauroux indre indre"

Le 14 juillet suivant, Henri répond à une lettre de Florina. Cette dernière lui a transmis en même temps une photo d’elle :


"Chateauroux le 14-7-1924
Cher pitite adorer
Je fait réponse à votre lettre qui ma fait grand plésir ainssi que votre photo vous me dit que vous nette pa bien dessu mais je vous trouve très bien avec votre petite quoife ime semble de vous voir comme a villet (habillée) laba chez votre frere soeur
je vous quitte en vous envoyen un doux baiser un peu de loin
Chabanne Henri"



12 jours plus tard, le 26 juillet, Henri répond à une autre lettre de Florina :


"Chateauroux 26-7-1924
Cher petite Amie
je fait réponse à votre lettre que jai reçue dernièrement qui ma fait grand plésir de vous savoir toujours en bonne santé bour pour moi la santé est toujours bonne on se la coule toujours douce et et la classe savence tous les jours mai elle n'ai pas rendu encore dans dix mois on leurs dira aurevoir et merci en a tenden je vous evoi un doux baiser
Chabanne Henri"

Ensuite plus rien …
ou presque : dans une carte envoyée depuis Nantes le 29 septembre d’une personne inconnue, il est question de cette idylle :

 

"Nantes 29 septembre 1924
Ma chère Florina. J'acuse réception à ta charmante corespondance que tu as bien voulu m'envoyé elle m'a rejoint en bonne santé et j'espère que la mienne va te trouver la même chose. Je vois que tu te fais encore des idées fausses mais ma petite amie tâche de surmonter tous cela et place toute ta confiance tu verras que j'en rigolerai pas, ca va bien d'en rire qu'and l'on a 14 ou 15 mais qu'and on a vingt ans et qu'on est militaire cela donne bien des choses à comprendre on s'avance plus loin dans la vie tu s'est bien qu'il faut commencer on ne s'est jamais ce que l'avenir nous réserve et je serais heureux de reçevoir de tes nouvelles de temps-..."
(... vraisemblablement la carte a une suite sur du papier libre ...)

Que s'est il passé durant l'été ? Toujours est-il que l'histoire amoureuse entre Florina et Henri est terminée ...

Florina est ma grand tante, elle décédera célibataire de nombreuses années plus tard … Je lui avais déjà consacré un billet : F comme FLORINA.

Quant à Henri CHABANNE, je n’ai pour l’instant pas retrouvé sa trace. Je sais juste qu’il n’a pas été un conscrit de Charente des classes 1922-1923 (un homonyme de la classe 1922 existe) … affaire à suivre …

Vous avez pu remarquer que l'orthographe des personnes ci dessus est assez phonétique, et j'ai volontairement retranscrit tel quel.
En effet la fratrie DUPOND n'est pas allé très longtemps à l'école, juste le temps d'apprendre les rudiments de l'écriture, lecture et calcul. Après il fallait travailler donc les enfants de la fratrie furent placés très tôt comme domestique de ferme, ou servante comme l'on disait pour les jeunes filles.
Ma grand mère Léonide, soeur d'Emilie et Florina fut placée dès ses 10 ans, elle n'en gardait malheureusement pas un très bon souvenir ...
Henri quant à lui devait être dans la même situation.

jeudi 28 décembre 2017

Analyse des événements manquants Génération 7 et 8

Il y a quelques jours sur Twitter suite à un tweet de @val_tho (Thomas VALADON)



et la réponse faite par @blegueni (Benjamin LE GUENIC), 



et en reprenant le modèle excel de ce dernier, j'ai décidé de faire quelques statistiques sur les événements manquants, Naissance Mariage Décès (NMD) et/ou Baptême et Sépulture (BS), de mon ascendance jusqu'à la génération 10.



De la génération 3 à 6, j'ai retrouvé les trois événements principaux de la vie de mes ancêtres concernés.

A partir de la génération 7, quelques manques apparaissent, je vais donc faire ici une analyse de ces événements manquants. Pour cela, je vais m'aider d'un outil de Généanet qui permet de visualiser génération par génération les événements manquants.

Dans ce billet, mon analyse concernera les générations 7 et 8.

Génération 7 :

Pour la génération, 4 événements non retrouvés ressortent : 2 naissances 1 mariage et 1 décès, plus un remariage. Ainsi que la présence malheureusement d'un père inconnu.



Sosa 69 : Madeleine dite Marie-Anne ARTUS

Marie-Anne apparaît ici même si j'ai ses NDM, car s'étant mariée trois fois, il me manque la date de son second mariage avec Jacques Nicolas GUILLOT (1761+1812). Leur mariage eu lieu entre le veuvage de Jacques en 1800 et le décès de ce dernier en 1812. Malheureusement aucun mariage retrouvé après des années des recherches ... même FILAE ne me le retrouve pas  !

Sosa 74 : André Jacques PATEAU

André, dont je vous ai déjà parlé sur ce blog sur le billet intitulé les Divorcés de l'an XII, est décédé à une date inconnue, vraisemblablement entre 1797 et 1804 mais sans aucunes certitudes puisqu'il a disparu de chez lui d'où le divorce. Sur ce cas aussi FILAE ne m'a pas permis de retrouver cet événement.

Extrait du mariage de la fille d'André, où deux témoins sous serment déclarent son absence
dans la contrée depuis plusieurs années.

Sosa 80 & 81 : André DUPOND et Jeanne GROUSSET

La naissance d'André située vers 1773 n'a pas encore été retrouvée malgré de nombreuses recherches. Un frère, Jean, et une soeur, Marie, nés en 1765 et 1767 puis aucune naissance par la suite sur la paroisse de Commequiers. Les parents d'André ont du quitter la paroisse et y revenir car en 1774 Marie y décède à 7 ans. La technique de l'escargot puis la consultation des relevés de BMS du Cercle Généalogique Vendéen ne m'ont pas permis de mettre la main dessus. Sans doute un baptême sur une période lacunaire en actes.

André et Jeanne, dont j'estime un mariage vers l'année 1794, se sont unis pendant la période des troubles en Vendée, connue comme la Guerre de Vendée. D'où l'absence de nombreux registres d'Etat Civil entre 1793 et 1796. 
Sur ce sujet, vous pouvez lire sur le blog "Vendéens et Chouans" un billet extrait du blog "Murmures d'Ancêtres" : la colère de Jeanne.


Sosa 100 : Jean CAQUINEAU

Jean est né et fut baptisé dans ce que j'appelle une période lacunaire en actes, c'est à dire, que seulement quelques jours, semaines voir mois manquent dans un registre. Ici, sur la paroisse de St Sigismond, plusieurs périodes de lacune comme vous pouvez le constater sur l'extrait de la notice communale des AD de Vendée.


Ayant un frère né et décédé en mars 1768, j'estime donc la naissance de Jean durant l'année 1769.

Sosa 110 : un père inconnu

mon sosa 110, le géniteur de mon aïeule Marie Madeleine née en 1836, restera à jamais inconnu et ainsi donc toute son ascendance ...



Génération 8 :

côté paternel


Naissances : 17

l'absence des naissances pour cette génération du côté paternel vient essentiellement de 2 éléments :
  1. l'absence de registres paroissiaux dans de nombreuses communes du nord ouest Vendéen avant 1737 comme les paroisses du Perrier et St Jean de Monts (naissances des sosas 138-139, 168, 178-179), 
  2. des lacunes ponctuelles, de plus ou moins longues durées, dans les registres comme sur la paroisse de Challans, Commequiers, Soullans, St Hilaire de Riez ou Notre Dame de Riez (naissances des sosas 143, 146, 152-153, 176-177 et 191).
Seules les naissances des sosas 161 et 163, vers 1740, peuvent être éventuellement retrouvées malgré des recherches approfondies sur les paroisses concernées ainsi que les voisines. L'âge approximatif lors des décès peut laisser supposer que ces 2 naissances peuvent se situer quelques années plus tôt et donc on se retrouve dans le cas de figure exposé plus haut concernant l'absence de registre avant 1737.


Mariage : 1

Le seul mariage absent, celui des sosas 158-159 Martin "Jean" Louis SIRE et Catherine dite Michelle RAVARD, se trouve dans une période lacunaire en actes sur la paroisse de Notre-Dame de Riez dans les années 1774-1775. Ci dessous l'extrait de la notice communale des AD de Vendée.



Décès : 9

Comme mentionné plus haut pour la génération 7, les troubles de la Guerre de Vendée ont engendrés l'absence ou la disparition des registres d'Etat-Civil pour les années 1793 à 1796. 
De surcroît, de nombreux membres de ma généalogie ont subis ou participés à ces troubles d'où leur décès dans cette période (même constat pour les décès de la génération 9). Cela concerne les sosas 138, 140, 152, 160, 187 et 190.

Pour le sosa 147, Louise BARTEAU que l'on mentionne en 1796 comme vivante, peut être décédée aussi pendant ces troubles, car aucun décès retrouvé par la suite.

Pour le sosa 177, Louise NAULET, le décès se situe entre 1737 et 1755, de nombreuses recherches ne m'ont pas permis de le retrouver, je suppose donc un décès dans une paroisse avec des lacunes ponctuelles.

Pour le sosa 182, Pierre VERON, son décès avant le mariage de sa fille en 1790 est introuvable sur sa paroisse, St Hilaire de Riez. Tout comme Louise NAULET, je suppose un décès sur une lacune ponctuelle d'actes.

côté maternel



Naissances : 7

Comme pour le côté paternel, les naissances manquantes ici se trouvent dans des lacunes ponctuelles d'actes sur les paroisses de Damvix, Courdault et St Sigismond, comme vous pouvez le voir sur les extraits de notices communales des AD de Vendée. Cela concerne les naissances des sosas 193 à 195, 225 et 245.

Damvix

Courdault

St Sigismond

Concernant la naissance de ma sosa 207, Jeanne MACAUD, qui se trouve au environ de novembre 1758, sur la paroisse de Liez, on tombe dans une période ponctuelle de manque d'actes, en effet on passe d'un acte du 29 septembre 1758 à un acte du 3 janvier 1759. Cette lacune n'est pas mentionnée dans la notice communale de Liez !

Extrait du registre paroissial de Liez, AD85 en ligne

La naissance de ma sosa 233, Jeanne CHARRUAU, vers 1770 sur la paroisse de Cerizay (département des Deux-Sèvres) est à jamais introuvable car tous les registres paroissiaux de cette paroisse ont été détruit soit selon les sources, dans les incendies et destructions qui eurent lieu pendant la guerre de Vendée, ou lors de l'incendie de la mairie le 25 août 1944.

Mariage : 1

L'unique mariage manquant, celui de mes sosas 206-207, Jean GAUTRON et Jeanne MACAUD, se trouve durant l'année 1782. Cette année là, le registre est déchiré en deux et donc tous les actes du bas du registre sont à jamais disparus !!!

Extrait du registre de Liez pour l'année 1782, AD85 en ligne

Voici donc la fin de cette analyse des événements manquants de mon ascendance pour les générations 7 et 8. Comme vous avez pu le remarquer la quasi totalité de ces manques ne sont que le fait d'absence de sources et non une absence de recherches. Ce qui sous entend que ces événements resteront vraisemblablement absent de mon arbre pour toujours !


mercredi 18 octobre 2017

Le 2 avril 1871 : 100 mots pour une journée noire

Aujourd'hui je vais un peu détourner le Généathème d'octobre : "100 mots pour une vie" de la Gazette des Ancêtres, de Sophie BOUDAREL, avec mon "100 mots pour une journée noire" :

"Nous sommes le dimanche 2 avril 1871, à la Tonnelle de Commequiers en Vendée, 
dans le foyer de mon aïeul François « Joseph » RAFFIN
Son épouse, Marie « Eléonore » GUERINEAU accouche de son quatrième enfant à son domicile à 9 heures du matin, c’est malheureusement un enfant mort-né. 
Eléonore meurt des suites de son accouchement dans l'heure à l’âge de 32 ans. Après toutes ces émotions matinales, Joseph, leur fils, âgé de 4 ans meurt à son tour sur les 22 heures. 
Dans la journée, Joseph a donc perdu son épouse, un enfant mort-né et son fils unique..."

Extrait cadastral de la commune de Commequiers

Comme vous allez le voir, c'est Jean le frère aîné de Joseph qui va faire les déclarations en mairie.





Ce dernier se rend bizarrement deux fois à la mairie le 2 avril, la première à 15 heures pour l’enfant mort-né puis 2 heures plus tard pour le décès de sa belle-sœur, pourtant déjà décédée lors de la première déclaration ? Et le lendemain il retourne la mairie dès 8 heures pour le décès de son neveu.